Heinculte

Travaux et travers d'une insomnie solitaire

Pantin désarticulé

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:53

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Pantin désarticulé

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Il est posé sur le lit morne et froid. Son œil, recousu des millions de fois, pend toujours au bout d’un fil de couture bleue, lessivé par le temps. Son deuxième œil, le droit, profondément enfoncé dans son orbite, crache un océan bleu azur dans lequel survivent des milliers de colombes aux craintes insoupçonnées. Les hirondelles ne font malheureusement pas le printemps et Dieu seul sait qu’il en a vu se succéder.

Son corps est alourdi par ses os de plomb et par l’or blanc qui coule dans ses veines, celui du désir de paix universelle. Ses vêtements usés par le temps et les rouages de l’enfance portent les marques de la désillusion que les hommes refusent.

Il manque à ce pantin la jambe gauche, trace d’un passé aux flammes toujours rougeoyantes. Trois meurtres à son actif.

Il est comme une bouteille à la mer bloquée à la montagne, comme un chapeau aux couleurs vives égaré en plein milieu d’un enterrement. Les sourires enfantins nouent le cœur de douleur. Son cœur à lui est cranté d’épines sombres, troué de souffrances innommables.

L’homme approche, couteau étoilé dans les mains, nuage dans la bouche, éventre le pantin. Ce soir au dîner : salade sautée, mouton farci et pantin détruit. Rêver, tuer l’enfance et puis se réveiller les pieds sur Terre et les cheveux dans les étoiles. Pantin au milieu des fleurs. Trois meurtres et un assassin à son actif.

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© Tiffaine C.

Happy Ending

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:47

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Happy Ending

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j’ai le cœur mou, planté d’épines. La vie est une rose meurtrière. Perdue dans les méandres du labyrinthe, la peur m’assaille, prend plaisir à voir ma souffrance décupler. Pourquoi tant de haine ? Les hommes sont des chacals, les femmes des poignards aiguisés. Ô paix insolente, viens aplanir ma vie de douce chose, je ne veux vivre que d’amour et d’eau fraîche.

Souffrance, on te dit jubilatoire, tu m’apparais totalement inconsidérée. Tu n’es qu’un néant profond qui profite des mauvaises âmes qui rôdent sur cette Terre. Malheureusement, muse indispensable à la création, tu es aussi celle qui fait de moi ce que je suis. Celle qui m’octroie cette raison de vivre. Apogée de la jouissance, mon cœur se lâche, mon esprit se rêve d’amours excentriques et me voici libérée, prête à affronter une fois de plus les mille et un drames qui parsèment mon avenir incertain. Parfois, j’ai peur lorsque j’arpente cette route sèche perdue en plein milieu du désert, j’attends désespérément l’oasis dont je connais l’existence quelque part sur le chemin.. C’est ce que les hommes appellent l’Espérance. C’est ce qu’ils ont inventé pour moins souffrir. Tel un mouton, je n’ai pu faire autrement que de les suivre dans leur réflexion.

Bonheur, on te dit extraordinaire, d’une foie démesurée. Je ne peux te juger, jamais tu ne m’as laissée l’honneur de t’approcher, la souffrance est plus docile que toi. Douloureux regrets qui m’emplissent, tu me fais plus de mal que de bien contrairement à l’avis populaire. Puisses-tu ne plus jamais m’approcher, ou puisses-tu m’approcher de manière certaine, entrer en moi pour de bon et ne plus jamais me quitter.

Vous, humains qui peuplez cette Terre, on vous dit indispensables. Vous n’êtes à mes yeux que le reflet trop imparfait de Dieu, emplis de défauts inacceptables, je me sens beaucoup mieux lorsque je m’isole dans cette tour d’acier ou seuls entrent les âmes purs des poètes entre trop méconnus. Je vous souhaite la plus tragique des morts, le destin le plus sordide qu’il existe… Vous n’êtes que des soldats cyniques qui prônez la paix et défendez l’amour… Êtres abjectes, je souhaite que vous soyez jetés dans des fosses communes qui porteraient le doux nom d’ »Autodestruction meurtrière ».

Joues-toi de moi et brûle mon âme. Laisse-moi m’enivrer de ce vin merveilleux. Ivresse, procure-moi l’envie, procure-moi l’oubli. Et toi, tendre vie, procure-moi la mort, lit de mousse sur coulis de chocolat, délicieuse fin. Procurez-moi tous cette éternité…

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© Tiffaine C.

Saveur automnale

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:36

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Saveur automnale

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Dès le premier froid de l’automne, les feuilles entament leur catabase infernale sous les yeux innocents des petits enfants. Douce et glaciale provocation. Au milieu d’un tourbillon de feuilles mortes, je me laisse emporter dans une divagation sans fin, dans un rêve sur fond d’une mélancolie infinie. Le vent s’infiltre dans mes cheveux. Quelques gouttes de pluie glaciales explosent et se meurent sur ma peau meurtrie. Brûlure à la gravité insondée, des points de suture bienheureux se créent alors. J’affronte de nouveau l’angoisse concentrée en amas noirs et menaçants, vêtue de rage et d’espoir, de vie et de mort.

Et je m’endors sur ce lit de feuilles humides. L’odeur de terre enivrante paralyse mes sens pour toucher du bout des doigts l’ataraxie. Je retombe en enfance sous la pression des chênes nostalgiques avec l’envie d’y rester pour toute une vie et au-delà encore. L’averse tombe alors, lacérant mon épiderme à vif d’un millier de piqûres, transformant l’agréable terre en glaise collante.

Cours, cours jusqu’au premier abri. Le désespoir se liquéfie pour atteindre jusqu’au fondement de ta vie même. Préserve ton essence, sens la à pleins poumons : le mensonge prédomine, l’égoïsme marque son omniprésence d’un odeur opiniâtre et toi et moi, bien peu de choses. Meurs en silence, ton absence n’en sera que plus sincère. Laisse place à la décrépitude de l’hiver.

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© Tiffaine C.

Spleen final

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:27

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Spleen final

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Les couleurs s’estompent en un arc-en-ciel dépravé de noir et de blanc. Tout s’échappe. Les colombes perdent leurs plumes dans une orée de sang rougeâtre à moitié consommée par un temps assassin. Tout n’est qu’une douleur immense à jamais refoulée, une vie faite d’éternités gâchées.

Se résumer à tomber, s’acharner à se relever. La vie est une pomme à moitié pourrie à laquelle on goûte chaque jour et qui apporte son flot de pourritures et de délices. Chaque jour, la pourriture la gagne un peu plus jusqu’à la moelle.

Et ma pomme se retrouve assise sur un blanc, face à un lac d’âmes perdues. Mon cœur se meurt au cours du temps, des événements. Jusqu’à s’éteindre en toute indifférence au bout d’un chemin inconnu de tous, dans une tranquillité souffrante. Tout n’est qu’une illusion ratée. Tous ces « pourquoi », ces « comment ». Pour comprendre que rien n’a de sens au seuil de la mort.

Malgré tout, on se bat avec acharnement pour pouvoir tenir, ne serai-ce qu’un infime instant, les limbes d’un Bonheur réputé impalpable. Triste but d’une vie. Inatteignable. Une fin au goût plus qu’amer.

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© Tiffaine C.

Complaisance au malheur

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:21

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Complaisance au malheur

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Le vent crache ses sifflements stridents

Sur cette colline aux brasiers ardents.

Un millier de cœurs hurlent leurs douleurs

Devant cette prairie aux mille couleurs.

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Alors qu’un flot de sang s’avance

Tel un conquérant de ce Bonheur immense

Inondant de sa vil colère

Cet unique paradis sur Terre.

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L’homme est une bête refoulée

Qui, pleurant sur son sort inévitable,

Laisse s’évader au gré des sentiers

La maigre lueur d’espoir encore palpable.

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Au lieu de courir vers des contrées ensoleillées

Il tombe sans fin dans un gouffre profond

Pourrissant au même rythme que ses démons émerveillés.

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© Tiffaine C.

L’épine d’une encre

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:14

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L’épine d’une encre

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Le stylo glisse sur la feuille, pose sur le papier encore immaculé les vestiges d’un voyage passé. Plus qu’une passion, c’est un besoin qui nous hante et nous enchaîne, nous brûle et nous blesse, nous sauve puis nous laisse… Orgie et désespoir, la plume nous transforme en pariât, refusé du monde et des êtres vivants qui le peuplent.

Chaque goutte d’encre versée, chaque rêve raconté puis oublié, chaque espoir gâché sont une épine de plus plantée dans le chaos difforme de nos cœurs. On s’épuise, jour après jour et l’on continue malgré tout à courir derrière les feuilles blanches qui  nous horrifient, dans l’espoir de trouver un jour une route qui nous rapprochera un tant soit peu d’un bonheur illusoire…

Tel est le sort des écrivains qui passent leur nuit stylo à la main, comme s’ils cherchaient sur cette feuille blanche format A4 à bâtir de leurs maux les fondements d’un monde merveilleux et les limbes d’une vie différente.

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© Tiffaine C.

Le trésor

Classé dans : Non classé — 16 novembre, 2016 @ 7:09

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Le trésor

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Pourquoi le monde se déchire-t-il

En un milliard de petites îles ?

Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés

De vivre pour tuer et lutter ?

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Dans un monde où la gentillesse sonne faux

Tout a beaucoup trop tendance à devenir violence

La réalité devient bribes d’idéaux

Un sourire, marque de faiblesse

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On ne se tourne plus vers son prochain

La loi du Talion étend son domaine

Plus personne n’ose tendre la main à personne

Il me semble entendre au loin

Une cloche haineuse qui sonne…

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Tête baissée, démarche incertaine

Voilà ce que sont devenus les hommes

Les hommes du monde moderne

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Terrassés par la crainte

Prisonniers d’une société de consommation

Chaque jour, la vie les éreinte

Alors qu’elle est à elle seule

Un trésor sans comparaison…

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© Tiffaine C.

L’absence

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 7:00

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L’absence 

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Dans les couloirs de l’outre-tombe

Dans ce royaume de l’ombre

je crève de n’avoir pu revoir ton visage

D’avoir laissé échappé l’illusion d’un lointain rivage…

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J’aimerais tant revoir une lumière, une mince parcelle d’espoir

L’attente se fait longue et languissante dans cet enfer noir

Un million de cris stridents déchirent mon cœur meurtri

J’hurle et crie.

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Le temps s’accélère

La pression monte

Je manque d’air…

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Ce temps est révolu

Seule subsiste la souffrance perpétuelle

Contraintes inhérentes à ces vols d’hirondelles

Qui courent vers un rêve désormais déchu

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Vers l’utopie d’un monde heureux

Où nous serions tous les deux

A jamais unis dans l’amour

De la naissance à l’outre-tombe, pour toujours.

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© Tiffaine C.

Paradis inanimé

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 6:52

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Paradis inanimé

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Nos chemins étincellent

Sous les feux de ces diamants éternels

L’obscurité se fait mordante

Et l’agonie bien trop lente

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Ô tendres douleurs, lumineuses ténèbres !

Ne voyez-vous pas ce sang qui perce mes lèvres ?

Et cet arc-en-ciel émerge de ma bouche,

Sans crier gare, sur le dos il me couche

Sur ce nuage cotonneux

Protégée au milieu des dieux

Ange du ciel, douce vie de miel

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Ne pouvez-vous pas remplacer ce sang

par cet arrière-goût sucré sur la dent ?

Il me tarde de connaître ce délicieux bonheur chocolaté

Sentir ce doux baiser d’une faucheuse trop vite approchée.

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© Tiffaine C.

ALGOS

Classé dans : Poésie — 16 novembre, 2016 @ 6:39

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ALGOS

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Poète à la recherche d’un alexandrin

Qu’il aime séparer, ô rêve d’hémistiches

Court les âmes égarées flottant sur le Styx

Pour leur offrir l’illusion d’un amour d’airain

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Monde insoupçonné, trêve d’imagination

Les merveilles chancellent sous le poids incertain

D’une mélancholia, vil et doux parfum
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Muse décharnée, trompeuse destination

Qui transforme le poète en démiurge

Et fait du démiurge un écorché de l’âge

Qui saisit même le jeune plein d’action

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Plein d’ignorance, plein d’importances futiles.

Au bord de l’abîme, que ne courent les hommes

Sur le dos de la plume, fuir les temps difficiles ?

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© Tiffaine C.

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